Comme dit si bien Meatloaf… (ou les joies éphémères des harceleurs juridiques…)

Comme dit si bien Meatloaf…

(ou les joies éphémères des harceleurs juridiques…)

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En lisant ce titre cet après-midi, vous allez croire que j’ai une dent de vampiresse qui a poussé contre ce cher Meatloaf. Je vous rassure tout de suite, je n’ai jamais été en si bons termes avec mon pain de viande favori et sa musique.

 

Non. J’en ai surtout après une certaine chauve-souris échappée d’un volcan endormi. Elle survole les réseaux sociaux, crache son venin dans les cerveaux les plus fragiles et fait pousser des crocs de six pieds de long sur les égos démesurés.

 

Cette beubitte dégueulasse, je l’appelle « harcèlement juridique ». Oui, oui! C’est bien elle. Elle apparaît dès qu’un reportage, des témoignages, des dénonciations ont lieu à l’encontre d’une situation ou d’agissements qualifiés inacceptables de la part de certaines personnalités particulières de notre société. Une personne raconte avoir été flouée, ne pas avoir été satisfaite d’un service qu’on lui a fait payer? La chauve-souris prépare son nid dans la toiture du fournisseur/entrepreneur dénoncé. Et, notez bien, sa grosseur est inversement proportionnelle aux honneurs récoltés dans toute une carrière! Par exemple, on la retrouve purulente et souvent affreusement gigantesque chez les crosseurs, voleurs, diffamateurs, pseudos-artistes-sans-génie, plagieurs et autres crétins-two-faces.

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Votre voisin vous a fait payer pour une partie de terrain qui n’était même pas à lui? Vous osez vous plaindre au prochain conseil municipal que vous avez perdu 10 000$ à cause de ce faux contrat? Parions qu’il va vous envoyer une lettre enregistrée sur un papier à fragrance de mise en demeure. Raison : propos diffamatoires à son encontre. D’ailleurs, « palais de justice no 5 » et « bouse de chien rétractée dans le fond de la gorge » sont leurs parfums favoris! Ils distribuent les visites de huissiers comme on garroche des colliers au Mardi Gras! C’est à croire que les frais juridiques, ce ne sont que du « petit change » dans leurs portefeuilles.

 

Je ne sais pas pour vous, mais j’ai toujours cru qu’il n’y avait que quatre ou cinq personnes au Québec capables d’engager de telles dépenses sans garder le compte, en dormant sur leurs deux oreilles. Bizarrement aucune d’elles n’agit de la sorte. Chez les plus nantis de notre société, ces artistes, hommes d’affaires, visionnaires, excentriques de génie et j’en passe, on les décrit avec des tempéraments de doux, d’humanistes, d’humbles, d’ouverts à la critique et à la différence, de pacifistes et surtout de perfectionnistes et travailleurs acharnés qui savent prendre soin de leurs gens. Quand a-t-on vu les Céline et René de ce monde taper sur la tête des paparazzis, des critiques, des stardom columnists à rumeurs? Jamais.

 

Les récents événements entourant le monde du livre secouent le public depuis quelques semaines déjà. N’empêche, ce n’est pas comme si personne ne le savait dans le milieu! Entre auteurs, agents, libraires, associations, unions et même entre bons éditeurs, ça se parle quand même un peu. Ça serait mentir que d’affirmer que le milieu est hermétique. Par définition, un métier d’artistes/artisans est un métier de passion. Qui dit passion, dit émotions à fleur de peau. Essayez donc d’enfoncer le silence dans le fond des gorges qui brûlent de crier leur joie, leur peine, leur indignation!

 

Évidemment, pour nous, simples auteurs qui faisons de notre mieux, un livre c’est notre bébé. Le voir sur les tablettes, c’est laisser son enfant partir pour un avenir meilleur. On a envie de chanter notre joie aussi bien que notre désespoir. Certains projets sont des « petits vites » et deviennent des bestsellers en criant lapin, d’autres des « Tanguys » plus lents à quitter le nid et à trouver leur voie. Quand un personnage charismatique vient nous promettre mer et monde en échange d’une simple petite signature avec notre sang, nous attachant à lui jusqu’à la fin des Tribulations Divines, il est normal qu’on se concerte, question de savoir si on a affaire à un grand gérant, ou à Satan.

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Businessman making a deal with devil

Rassurez-vous, je n’ai pas rencontré Satan dans les salons du livre, ni en librairies. Peut-être quand j’ai magasiné ma voiture. En tout cas, j’ai sûrement croisé un possédé lorsque j’ai signé avec mon premier entrepreneur en construction (il m’a même fait un beau spiderwalk en changeant le bardeau d’asphalte sur ma toiture!).

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Mais un démon sorti des Enfers de Dante? Je ne crois pas, même si certaines révélations récentes ont éclaboussé notre belle littérature québécoise. Et éclaboussé est un bien grand mot. Le reportage d’Enquête n’a fait que gratter la couche de lustré sur certaines pratiques douteuses. Elles ont toujours existé, et il est bien de se demander comment rectifier la situation afin que le milieu littéraire s’assainisse. Après tout, on ne s’améliore pas sans critiques, sans chercher constamment de nouvelles et meilleures manières de faire. D’ailleurs, les vrais entrepreneurs visionnaires ont déjà compris ce principe. Quand j’étais à l’université, durant mes cours de création littéraire, Neil Bissoondath appliquait une règle fondamentale lorsque notre projet littéraire était évalué par nos pairs : il nous obligeait à nous « fermer la trappe »! Après la séance de critiques (pas toujours dithyrambiques) la seule chose qu’on avait le droit de répondre était : « Merci beaucoup, bonne journée ». Ensuite, on retournait à notre table de travail pour cogiter, regratter la gale sur le bobo qui fait mal, amputer une jambe littéraire, enfiler un bas de contention et retourner au manuscrit. Se faire basher quand on croit avoir découvert The Mega Patante 2016, on appelle ça un mal nécessaire. Les Dragons de Radio-Canada seraient probablement d’accord avec moi sur ce point.

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C’est donc à se demander si les harceleurs juridiques sont de véritables passionnés, des vrais créateurs, des grands visionnaires. S’ils l’étaient, ils diraient un gros « merci bonsoir » aux journalistes, dénonciateurs et réalisateurs de la revue télévisée pour revenir à leurs projets et voir comment il est possible de rectifier le tir. Accepter l’insatisfaction d’autrui, la mauvaise critique et se faire mettre le nez dans son propre merdier est un gage d’humilité, de savoir-être, de dévouement envers son métier. Trouver des solutions constructives, appliquer de nouvelles procédures plus transparentes, ce sont les gestes à l’origine du vrai repentir. Qu’on soit coupable ou non, changer d’attitude, chercher à s’améliorer est un gage de passion et de respect pour son métier autant que pour les artisans, les clients et les collaborateurs. C’est ce qui sert à départager le bon grain de l’ivraie.

 

Par contre, réveiller la petite chauve-souris suceuse de fond de pension, jouer au roi du tribunal ou au bon vieux « mon avocat pisse plus loin que le tien », ça revient à castrer juridiquement sa propre réputation, son entreprise et sa carrière à longue échéance. Des compagnies telles que CINAR ont jadis nagé dans ces eaux troubles. On sait aujourd’hui quelle opinion le public leur tient. Mon humble conseil, si je peux me permettre, est donc de vous concentrer à trouver des solutions durables à vos problèmes internes et à laisser la chauve-souris échappée de l’enfer nicher dans le grenier d’un autre. Après tout, le forgeron ne maîtrise pas la forge à coup de boulettes de papier!

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Je termine donc mon homélie ici en paraphrasant ce merveilleux Meatloaf :

 

“I would do anything for love (of my art) but I won’t do that!”

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