Le cancan de la méduse

Le cancan de la méduse

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Aujourd’hui, une de mes meilleures amies a publié cette image sur son Facebook :

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Comme tout le monde, j’ai ri. Mais une partie de moi a sombré dans un profond découragement. Dans la vie, tout le monde peut identifier sa petite « méduse personnelle ». Vous savez, LA personne dans votre quartier, votre entourage, qui vous tombe sur les nerfs et qui ne semble jamais se servir de sa matière grise à bon escient. Le problème, c’est qu’une méduse (ou jellyfish), c’est pas juste une horreur gluante échouée sur la même plage que vous et qui vous gâche votre séance de bronzage… Ce blob invertébré est capable de vous piquer sous prétexte que votre présence l’agresse. Pire encore, la piqure est venimeuse, parfois mortelle. Vous allez me dire qu’on a seulement à ne pas leur marcher dessus. Évidemment! Mais que fait-on quand ce sont elles qui vous pourchassent dans l’eau?

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Un retour dans la bonne humeur gâchée par une méduse obsédée

Hier après-midi, je revenais tout juste d’un temps bénissant à Montréal. Oui, oui! Ça se dit, « bénissant ». Vous ne me croyez pas? Ouvrez votre dictionnaire « Petit Born-Again », ça s’y trouve.

Bref, j’ai passé une fin de semaine dans la métropole à rencontrer des gens inspirants et à approfondir mes connaissances (et mon réseau d’affaires) en matière d’édition. Pas n’importe laquelle : l’édition d’œuvres chrétiennes. Évidemment, la plupart des participants étaient auteurs, éditeurs, pasteurs. Il y avait aussi pas mal d’acheteurs! Vous voyez,  tous des titres en « eurs ».

Dans un réseau d’affaires auquel je m’identifie pleinement, je n’ai pas senti que j’avais à faire ma petite gigue pour obtenir des partenariats d’affaires. Déjà que je peine à me vendre moi-même dans une salle de montre, c’est tout un avantage de rencontrer des gens avec qui on connecte tout de suite.

Un des pasteurs-éditeurs que j’ai rencontrés vit dans mon « petit coin de pays » et loue même un local les dimanches « drette là où je bosse »! Méchante coïncidence… Sans ce colloque, on ne se serait jamais rencontrés parce que je ne suis pas la personne désignée au sein de mon équipe de travail pour négocier ou traiter avec les locateurs d’espaces.

Lorsque je suis arrivée chez moi hier, j’avais hâte de raconter tout ça à mon homme et partager mes succès avec lui. D’ailleurs, je suis contente de voir que mes livres jeunesse se sont très bien vendus là-bas. Alors que certains éditeurs prétendent que les livres sur les problématiques ne vendent pas très bien par les temps qui courent, le contact direct avec le client me prouve le contraire. Des anglophones m’ont même demandé si je compte devenir membre de la Word Guild et traduire mes livres en anglais et en espagnol. C’est une idée qui mérite d’être étudiée!

Toutefois, une méduse en avait décidé autrement.

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Le dard de la méduse

Nous recevons un appel : celui d’une première victime. Une pauvre personne qui a hébergé, en toute gentillesse, un affreux jellyfish au dard bien acéré. Cette personne nous contacte parce qu’elle n’en peut plus.

La méduse lui a fait des misères. Elle s’est introduite, a fouillé partout sans vergogne, l’a piqué à plusieurs reprises pour ensuite déverser son venin : une concoction assaisonnée de mon nom et mes toutes petites réussites publiques.

En réalité, le jellyfish ne visait pas son hôte; celui-ci n’est qu’un dommage collatéral. Il faut bien casser des œufs quand on veut une omelette! Une méduse, quand ça se cherche une victime en pleine mer, ça n’est pas trop regardant. Piquer le bras qui les nourrit, elles en sont passées maîtres.

Jusque-là, ça va, je comprends et j’éprouve même de la compassion pour la première victime. Un autre invertébré dirait que l’hôte n’avait qu’à ne pas lui offrir un divan où crécher. Qu’on le sait, après-tout, qu’une méduse, c’est bête, méchant, venimeux et pas fiable. Même si ça a parfois de belles couleurs et que la tête gluante fascine. Mais c’est lorsque l’interlocuteur commence à cracher de la seiche par le combiné que tout se met à déraper. Évidemment, de la seiche ça glisse!

Selon la présumée victime, je ne devrais pas être visible sur un quelconque réseau social. Je ne devrais pas avoir d’agente, d’éditeur, voir mes livres en librairies, me déplacer et participer à des colloques, des salons, des tables rondes ou des séminaires. Surtout, je « crée des problèmes aux autres » quand une bonne nouvelle me tombe dessus. Une bonne critique dans une revue spécialisée? Je viens d’arracher un bras à quelqu’un. Une nomination à droite? Je bats le manchot avec son bras encore saignant. Je m’absente une fin de semaine? Je suis devenue anthropophage!

Après avoir coupé court à la conversation, mon mari et moi avons fini par en rire. C’est triste pour l’interlocuteur, mais il a tant reçu de coups de dards durant la fin de semaine qu’il aurait besoin d’un traitement choc pour comprendre les vraies affaires. Avec le temps, j’ai appris qu’il valait mieux ne pas gaspiller mon énergie à sauver la psyché des bornés. Un jellyfish vous rend fou? Allez chercher de l’aide auprès d’un professionnel. Au mieux, si vous êtes capable de contraindre votre méduse à vous accompagner aux urgences sans qu’elle vous attaque à nouveau, faites-le. Mais, dans les circonstances, chercher un remède de grand-mère dans votre entourage ne serait pas judicieux ni bénéfique.

Un jellyfish peut-il se transformer en prince?

Malgré mon grand cœur et toute ma bonne foi, j’ai appris à me distancer de telles situations, même si ça me peine de voir l’entourage en souffrir à chaque fois que quelqu’un tombe dans le panneau. Et puis, quand on a l’impression que la seule chose que souhaite le jellyfish obsédé, c’est de vous ensabler vivant par tous les moyens possibles, ça devient lourd à porter.

Je sais que si les gentils partent trop tôt (et que les méchants de ce monde ont la couenne dure), c’est forcément parce que Dieu les aime autant et veut à tout prix leur donner une chance de se racheter. Il ne serait pas un bon Dieu aimant s’il ne le faisait pas. C’est même le message principal de la Parabole de l’enfant prodigue (Évangile de Luc, chapitre 15). Mais il y a des jours où on souhaite que le calvaire finisse…

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La chair a envie d’une vraie bonne bagarre avec l’invertébré venimeux tandis que l’Esprit nous dicte de prier pour ceux qui nous persécutent. Aussi, vous remarquerez que l’Esprit est plus intelligent que l’épiderme. Tant qu’elle n’aura pas subi les affres du dard médusien, elle se fichera de la douleur et des conséquences, pourvu qu’elle se défoule!

Ce qui me fâche le plus dans cette situation, c’est qu’en sachant pertinemment que j’ai beaucoup de compassion pour son hôte, la méduse-sans-cervelle a réussi à me voler le moment de félicité que j’avais ramené de mon colloque… Et ça, j’en ai vraiment marre!

Il ne me reste plus qu’à prier pour elle et son dard, puisque je ne suis pas assez stupide pour aller me jeter dans les tentacules de l’invertébré gélatineux.

En tout cas, si les méduses vivent aussi longtemps, j’espère qu’elles sont capables de se transformer en princesses-au-cœur-pur le moment venu!

 

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